7 novembre 1979 : la plus grande émotion européenne du Racing

En éliminant le Dukla Prague au bout d'un match à suspense, le Racing atteint son plus haut niveau européen : les ¼ de finale de l'actuelle ligue des champions !

Sur le fil du Racing
2 min ⋅ 07/11/2025

« C’est le match le plus important depuis mon retour. » Cette déclaration de l’entraîneur Gilbert Gress avant la rencontre plante le décor. Après la défaite 1-0 en Tchécoslovaquie au match aller, le Racing doit réaliser le match parfait à la Meinau pour éliminer le Dukla et gagner sa place parmi les huit meilleures équipes européennes.

L’effectif strasbourgeois est décimé par les blessures mais la composition de départ permet tout de même d’y croire : Dropsy, Jodar, Specht, Novi, Domenech, Deutschmann, Marx, Decastel, Wagner, Tanter, Piasecki. Et même si la Meinau ne fait pas le plein, l’ambiance est chaude dans les tribunes dès l’avant-match parmi les 26 818 personnes présentes. Léonard Specht :

La Meinau était en folie. Il y avait une ambiance fantastique. On sentait les gens tout proches de nous. Rien à voir avec le championnat. Dans les vestiaires, je les entendais chanter. J'en avais des frissons.

Sous la pluie, le Racing fait un bon début de match mais ne trouve pas l’ouverture face à des Tchèques qui finissent par le faire douter. Clairement venus pour assurer le 0-0, les rugueux et expérimentés défenseurs adverses ne laissent que peu d’opportunités d’inquiéter le gardien du Dukla. La meilleure occasion survient sur un corner de Tanter pour une tête de Marx sauvée sur la ligne par un défenseur.

Finalement le match bascule peu après l’heure de jeu et en trois temps. 1- Carlos Bianchi fait son entrée à la 64e minute, à la grande satisfaction du public. 2- juste après, le Dukla Prague rate une occasion immanquable sur une contre-attaque. 3- Sur un long centre de Domenech, Bianchi remise de la tête pour Piasecki qui marque, également d’un coup de tête.

1-1 sur l’ensemble des deux matchs, la tension monte encore d’un cran et la confrontation devient plus tactique, les duels encore plus intenses. Même les observateurs les plus neutres sentent monter la nervosité. En direct sur France Inter, le commentateur Pierre Loctin s’écrie « Je vais mourir à la Meinau ! » 

Tandis que Deutschmann est évacué à l’hôpital, le nez cassé, la prolongation démarre et on semble filer vers une irrespirable séance de tirs au but. Gress a déjà désigné Piasecki, Bianchi, Specht, Domenech, Marx comme tireurs. Mais le Racing prend physiquement l’avantage dans les dernières minutes et, à trois minutes seulement de la fin, un une-deux entre Piasecki et Decastel permet à ce dernier, le mal-aimé du public, de marquer le but de la délivrance. Le Racing est en ¼ de finale de la plus grande coupe d’Europe ! D’ordinaire impassible, même Gilbert Gress laisse exploser sa joie.

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Sur le fil du Racing

Par Philippe Wolff

Je suis supporter du Racing club de Strasbourg. Auteur du livre “Racing 100 ans à la Meinau” (2014, éditions DNA) et fournisseur de contenus pour le parcours muséal du club. Rédacteur et responsable éditorial du site racingstub pendant une dizaine d’années. Ancien membre et président de la Fédération des supporters du RCS (2010-2024) : représentation de plusieurs milliers de supporters pour un football populaire (faisant l’effort de tenir compte de tous les publics), valorisation de la culture club, animation d’un lieu de vie ouvert à tous et organisation de déplacements pour encourager l’équipe à l’extérieur.

Allez Racing !

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