En décembre 2000, un pétard explose près de l'arbitre assistante Nelly Viennot lors du derby à la Meinau entre le Racing et Metz. Strasbourg mène alors 1-0 mais la partie est interrompue puis annulée, et reprogrammée quatre mois plus tard, à huis clos.
Faute d'arbitres français - solidaires après la blessure de leur collègue - ce sont des officiels bulgares qui dirigent la rencontre. L'enjeu est lourd : le maintien en première division. L'entraineur, Yvon Pouliquen, aligne l'équipe suivante : José Luis Chilavert, Habib Beye, Yannick Fischer, Teddy Bertin, Cédric Kanté, Fabrice Ehret, Pascal Camadini, Pascal Johansen, Corentin Martins (C), Peguy Luyindula, Danijel Ljuboja.
Ils sont à peine une centaine dans les tribunes. Quelques journalistes, des dirigeants, des secouristes, des agents de sécurité et des ramasseurs de balle. « Tout s'entendait : les appels, les consignes, les frappes », nous a raconté Mathieu Dubrulle, journaliste à l'époque à France Bleu Alsace. « Je n’avais jamais vu la Meinau aussi silencieuse. » Loin du stade, les supporters se replient dans les bars ou chez eux, devant leur télévision.
Metz inscrit l'unique but du match au retour des vestiaires. La suite prend une tournure inattendue avec l'affaire des faux passeports, qui concerne notamment Farid Mondragon, le gardien messin. Cela offre finalement la victoire sur tapis vert au Racing. Un résultat sans intérêt puisque Strasbourg est relégué en fin de saison.
« Le match m'a d'autant plus marqué que la Meinau respire habituellement le football » conclut Dubrulle. « On y sent le poids de l'histoire et les répercussions du Racing dans sa région, avec des supporters exigeants mais fidèles ». Encore faut-il, pour cela, qu'on veuille bien les laisser entrer.
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Sources photos : DNA.
