Le Racing se prend une volée à la Meinau face à Nantes : 0-5 devant les caméras de Canal+. Un match qui symbolise l’échec d’IMG McCormack à Strasbourg.
Avec six défaites au cours des sept premiers matchs et dix-huit buts encaissés, le début de la saison 2000-2001 du Racing est catastrophique, ponctué de baffes mémorables (0-4 contre Lille et 1-4 contre Bastia). Toutefois, l’équipe commence à relever la tête en enchaînant deux victoires et un nul lorsque le FC Nantes se présente à la Meinau. Les Nantais sont aussi en difficulté et la confrontation peut être l'occasion pour l'une des équipes de repartir de l'avant (ici Njanka contre Armand).
L’équipe du Racing, dirigée par l’entraîneur-manager Claude Le Roy et présidée par Patrick Proisy, ne cesse cependant de s'enfoncer depuis le rachat par IMG McCormack en 1997. La promesse de faire du RCS un grand club européen n’est pas tenue, et l’équipe joue le maintien chaque saison, avec des éliminations en coupes ridicules face à des équipes de niveau inférieur (Troyes, Epinal, Calais, Gueugnon).
En octobre 2000, l’échec de la présidence de Proisy est évident et marqué notamment par des mauvais choix d’hommes et de stratégies. Arrivé à Strasbourg dans une logique de multipropriété, l’entreprise américaine ambitionnait de bâtir un réseau de clubs en Europe, suivant la première vague de ce modèle (Canal+ avec le PSG et Genève, Louis-Dreyfus avec l’OM et Liège, Berlusconi avec le Milan AC et Monza, Sensi avec la Roma et Nice, ENIC avec Tottenham, Athènes, Prague...). Mais la mobilisation de l’UEFA et l’Union européenne pour préserver l’indépendance des clubs met un coup d’arrêt à ces montages : le Racing devient alors un poids mort dans l’empire IMG McCormack.
Mais c’est avec un bon espoir de victoire que le Racing aborde la rencontre face à Nantes et Proisy se dit « confiant, vigilant et relativement optimiste ». Il faut dire que la journée commence par une rare bonne nouvelle : l’inauguration du nouveau centre de formation du Racing. Sans doute le seul héritage positif laissé par les Américains et Patrick Proisy.
Les Canaris prennent pourtant rapidement l’ascendant malgré l’absence de plusieurs cadres (Ziani, Moldovan, Monterrubio), face à une équipe du RCS plombée par les choix incompréhensibles de Le Roy : le gardien Vencel a été écarté, l’attaquant Gonzalo Belloso est aligné arrière droit, le fantomatique Mario Haas est titulaire en attaque, etc. Le naufrage des Strasbourgeois se termine par une défaite 5-0 et des cruels “olé” descendent des tribunes sur chaque action d’Eric Carrière et de ses coéquipiers nantais.
Dans la lignée de ses mauvais choix, Proisy s’improvise désormais recruteur, confirme Le Roy comme entraîneur mais lui retire la fonction de manager, et cherche un nouveau gardien : Lionel Charbonnier est évoqué pour remplacer Thierry Debès, sifflé par les supporters. Ce sera finalement Chilavert, qui sombrera avec toute l’équipe - sans Le Roy, limogé en novembre - au terme d’une saison chaotique conclue par une dernière place et une improbable victoire en coupe de France (avec une revanche face aux Canaris en demi-finale). Quant au FC Nantes, il finit cette saison 2000-2001… champion de France !
En bonus : le résumé du match
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Sources photos : DNA, Le Monde