“M. Foote, vous êtes un salaud !” Cette phrase célèbre a été prononcée par Thierry Roland dans l’après-midi du 9 octobre 1976 à l’occasion du match de qualification pour la Coupe du monde entre la Bulgarie et la France. A Sofia, le score est de 2-2 quand, à la 88e minute, l’arbitre accorde un penalty sévère aux Bulgares. Heureusement, le tireur rate la cible, ce qui préserve les chances de qualification des Bleus conduits pour la première fois en match officiel par Michel Hidalgo.
Quelques heures après avoir regardé ce match tendu à la télé, les suiveurs du Racing se retrouvent à la Meinau pour une rencontre de deuxième division face à Châteauroux. Relégué au printemps, le RCS connaît une situation financière catastrophique, avec un risque de dépôt de bilan. Le soutien financier de la Ville et du Département permet de limiter la casse mais le club a besoin d'une moyenne de 7 400 spectateurs pour finir d'effacer son déficit de 3M de francs. Le club mise notamment sur le retour d’un joueur adulé par la Meinau lors de son premier passage quelques années plus tôt, le milieu offensif Ivica Osim.
Malheureusement, malgré des appels répétés et de plus en plus désespérés des dirigeants, les affluences sont extrêmement faibles et ne cessent de baisser au cours de la saison : par exemple, 3 633 spectateurs contre Hazebrouck, 2 594 contre Boulogne, jusqu’à tomber, début décembre, contre Caen, au total hallucinant de 1 976 (comme l’année en cours). Si la plupart des clubs avaient l’habitude d’arrondir vers le bas le total de spectateurs passés par les guichets, pour s’arranger avec la caisse, on peine à imaginer l’ambiance dans une Meinau vétuste et si peu garnie.
Pire encore, à l’occasion de la réception de Châteauroux, le 9 octobre, les supporters se révoltent. Pourtant, malgré deux faux pas à l’extérieur contre Rouen et Noeux-les-Mines, les résultats depuis l’entame de la saison sont corrects et, en cas de victoire, Strasbourg serait premier du classement. Mais le niveau collectif laborieux de l’équipe - face à une adversité faible - suscite de nombreuses critiques. Et, sur ce match, les Bleus passent à côté : malgré une entame à sens unique, l’efficacité alsacienne est en berne. Sur une contre-attaque, Dominique Dropsy, le gardien habituellement si sûr, commet une grossière erreur en laissant échapper sous son corps un tir castelroussin.
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