Et ça, l’avait-il déjà dit ? Conversation avec Gilbert Gress

Figure mythique du Racing, Gilbert Gress a marqué le club comme personne. Est-il encore possible d’évoquer des choses inédites avec cet acteur incontournable depuis plus de six décennies ? C'est l’ambition de cet article.

Sur le fil du Racing
16 min ⋅ 06/10/2026

Du début de sa carrière professionnelle à nos jours, Gilbert Gress est sans doute la personne qui a été la plus sollicitée pour parler du Racing. Plus de 65 ans d’une présence médiatique régulière, soit plus de la moitié de l’âge du club, qui fête cette année son 120e anniversaire.

Il est vrai que Gilbert Gress est depuis toujours un bon client, avec une capacité à transmettre des émotions grâce à un talent narratif fascinant. Alors, un défi : est-il possible de faire dire à Schilles des choses qu’il n’avait jamais dites ? 

A l’entame d’un déjeuner en tête à tête avec lui, c’est ce challenge que je lui propose. Sans s’engager à relever le défi, il en accepte le cadre : je lui demande de réagir à des archives que je lui soumets progressivement, dans l’espoir de réveiller quelques souvenirs enfouis, et ne lui pose des questions que sur sa carrière de joueur, moins souvent évoquée que son parcours de coach.


Question : Avant de parler de votre carrière, je voudrais évoquer Kurt Bossert, le supporter qui a fait le trajet en fauteuil roulant de Strasbourg à Paris pour voir la finale Racing-Nantes en 1966. Un article lui est consacré dans le magazine ZUT. Je crois que vous l’avez bien connu ?

Réponse : J'ai eu des contacts très longtemps avec lui et je connaissais également son épouse, on mangeait quelquefois ensemble. Le jour de son enterrement j’étais déçu car je crois que nous n’étions que deux, Raymond Stieber et moi. Après son trajet en 1966, il m’avait dit qu’il ne recommencerait plus jamais… déjà au départ le col de Saverne c’était pas mal !

Pourtant, il a fait encore plus fort l’année suivante en faisant un Tour de France, toujours en fauteuil ! Il avait été aidé par Just Fontaine lors de son étape à Toulouse.

Justo, c’était un mec extraordinaire. J'avais suivi la Coupe du Monde en Espagne en 82 avec lui pendant une dizaine de jours. On se déplaçait en voiture, il y avait les journalistes Jean-Pierre Meyer et Robert Vergne avec nous. On a vu le premier match de la France perdu contre l’Angleterre. 

Le sélectionneur Michel Hidalgo avait su que j'étais au stade, après le match le journaliste Jacques Vendroux m’a appelé pour me dire qu’Hidalgo se plaignait de voir déjà son successeur dans les tribunes en parlant de moi… Mais j’étais juste invité par Jean-Claude Darmon, parce que je l’avais introduit en Suisse, c’était à ses débuts comme financier du foot.

J'ai vu aussi le match nul Italie-Cameroun. Les Italiens n'ont pas gagné un match lors du tour préliminaire et ont failli être éliminés, ils se préparaient déjà à être accueillis par des lancers de tomates en rentrant chez eux et finalement, dix jours après, ils sont champions du monde !

Est-ce que cette photo vous rappelle quelque chose ?


C'était la finale de la coupe d’Alsace contre le FC Mulhouse. A l'époque, le FCM était parmi les trois meilleures équipes amateurs en France. Notre entraîneur était Edmond Haan, l’ancien joueur du Racing. Quand, beaucoup plus tard, j’allais lui rendre visite dans sa maison de retraite, il m’en parlait encore “Tu sais Gilbert, quand les dirigeants du FCM ont vu notre équipe, ils se demandaient où je vous avais trouvé”. On a gagné 2-0, j’étais avant-centre mais ça m’allait parce qu’avec Edmond on jouait vraiment bien.

J'aurais dû jouer une deuxième fois avant-centre, bien plus tard, avec l'équipe de France. Contre la Hongrie, la France était menée 2-0 à la mi-temps. Les deux arrières centraux français n'avaient pas le droit de se passer le ballon, le sélectionneur Georges Boulogne leur disait d’envoyer directement sur l’avant-centre qui était Charly Loubet. En face, les défenseurs faisaient deux têtes de plus, le pauvre Charly ne pouvait rien faire. Boulogne me fait rentrer à sa place à la mi-temps. Mais sur le terrain, j’ai dit à Hervé Revelli qui jouait à droite “tu joues dans l’axe et moi à droite”.

Il y a Gérard Hausser sur cette photo, c’est un joueur qui a accompagné presque tout votre parcours.

On a commencé ensemble à Strasbourg et il est parti un an après moi en Bundesliga, à Karlsruhe. Ils sont descendus d’ailleurs cette année-là puis il est allé à Metz. Lui aussi avait été écoeuré par certains entraîneurs à Strasbourg.

A cette époque, vous jouiez au foot dans la rue, les terrains vagues, sans avoir forcément des ballons de qualité. Aujourd’hui, les jeunes ont des bonnes infrastructures partout, même dans les petits clubs. Mais qu’est-ce qui est le mieux pour apprendre à maîtriser le ballon ?

On jouait parfois sur des champs de labour ! Quand j’étais à Neuchâtel, on avait le droit de s’entraîner une fois par semaine sur le terrain où on jouait les matchs. Les autres jours, on utilisait le terrain des Fourches. L’équipe du petit club de Saint-Blaise y jouait et s’y entraînait ainsi que les équipes de jeunes, en plus de nous. Imaginez-vous l’état du terrain à partir d’octobre… Mais ensuite, pendant les matchs, on jouait super bien alors c’est possible que ce soit en partie dû à l’état des terrains d’entraînement.

Vous avez dit que l’autrichien Ernst Stojaspal était votre joueur préféré à Strasbourg à cette époque. Pourquoi ?

Je ne suis pas le seul à dire. Savez-vous pourquoi il est venu ? Par amour ! Je crois que c’était une femme mariée. A l’époque, le directeur sportif du Racing était Auguste Hamm, il cherchait un numéro 10. Il a parcouru le monde entier pour le trouver et finalement il l’a trouvé à Bâle, lors d’un match de la Coupe du monde 1954 joué par l’Autriche. Stojaspal était international autrichien, il jouait un football qu’on ne connaissait pas à Strasbourg. 

En 1980, j’étais en stage d’entraîneurs avec notamment lui et Domenech. Raymond m’avait posé la même question. Stojaspal avait tout, c'était la finesse, c'était le buteur, c'était l'organisateur. Il était extraordinaire, enfin surtout la première année et un peu la deuxième saison, parce qu’après, bon, les femmes… Quand j’ai dit ça à Domenech, il est allé lui répéter et Ernst est venu me voir, vexé. Je lui ai dit, “écoute, tu connais Raymond, il raconte n’importe quoi !”

Cette photo est prise à vos débuts dans le professionnalisme. Votre entraîneur était Emile Veinante, vous disiez qu’il était trop rigide. Qu’est-ce que ça veut dire concrètement ?


Attendez, je regarde qui sont les survivants. Oh la la, on est encore deux, Gérard Coinçon et moi. Il y avait pas mal d’Alsaciens dans l’équipe, j’en compte sept. J’étais un peu le chouchou de Veinante, mais la consigne qu’il donnait à Remetter, le gardien, c’était de dégager le ballon sur Koza l’avant-centre. Les autres joueurs avaient seulement le droit d’intervenir à ce moment-là. Un jour, il a dégagé mais c’est Gérard Hausser qui a pris le ballon et il a marqué. A la mi-temps, Veinante l’a engueulé parce que Koza n’avait pas touché le ballon sur l’action. Incroyable !

Votre première vraie saison comme titulaire, c’était en D2, en 1960-1961. Quels souvenirs en avez-vous ?

Quand vous alliez jouer dans certains clubs, c’était pas toujours une partie de plaisir au niveau de l’engagement et puis au niveau du terrain c’était parfois compliqué. On a fini quatrième, la dernière équipe à remonter en D1. Mais moi je suis parti avant la fin de la saison pour le bataillon de Joinville, j’ai fait mon service militaire pendant 21 mois.

Robert Jonquet est ensuite passé au poste d’entraîneur mais il ne vous faisait pas beaucoup jouer. C’est parce que vous étiez souvent absent en raison de votre service militaire ?

Robert était un merveilleux footballeur mais je crois qu’il n’était pas fait pour être entraîneur. Même si au moins, lui, il nous laissait jouer mais il ne donnait pas beaucoup de consignes. Et puis il était un peu faible aussi : j’étais en Algérie et au bataillon de Joinville, c’est vrai, mais d’autres joueurs qui étaient dans le même cas jouaient régulièrement. Pour Jonquet c’était plus facile de dire à un joueur comme moi, absent toute la semaine de l’entraînement, que je ne jouais pas plutôt qu’à un autre joueur, présent chaque jour, même s’il était moins bon. Alors je jouais avec la réserve.

La deuxième année, l’équipe était mal classée et il y a eu un changement de président avec le retour de Joseph Heintz. Un jour, au bataillon de Joinville, l’adjudant me dit de me préparer pour partir à Marseille car j’étais appelé pour jouer contre l’OM avec Strasbourg. J’ai cru à une plaisanterie et en plus j’étais enrhumé ! Mais je marque mon premier but en première division et je fais une passe décisive à Gérard Hausser, on gagne 3-1. Et là, Robert ne pouvait plus me sortir de l’équipe. La presse avait écrit que j’étais une trouvaille de Jonquet, mais c’était n’importe quoi.

Vous parlez de Joseph Heintz, il avait la réputation d’être dur. Quelles étaient vos relations avec lui ?

Nos relations étaient très bonnes, il y avait une estime réciproque, je l’appréciais énormément. Mais en 64-65, j’ai eu un premier contact avec Stuttgart et à l’époque le Racing donnait surtout l’argent aux joueurs étrangers. Je venais de me marier et j’en avais un peu marre de ce système. Mais comme on était lié contractuellement au club jusqu’à 35 ans, je ne pouvais rien faire sans l’accord du club. Heintz avait fait comme si Stuttgart ne l’avait pas contacté pour un transfert, en me traitant de menteur. J’ai laissé tomber et puis Paul Frantz est arrivé comme entraîneur.

Ce magazine espagnol parle de la fameuse triple confrontation contre le FC Barcelone en 1965, trois matchs nuls et vous vous qualifiez au tirage au sort. J’imagine que c’est un souvenir particulier ?


D’abord on a éliminé le Milan AC, il y avait Maldini, Trapattoni. Et aussi Amarildo, c’est Stieber qui le marquait, à la fin du match c’était Raymond le héros. Ensuite il y a eu Bâle, puis Barcelone : on a gagné 1-0 à Strasbourg et on menait au retour 2-1, le Barça a égalisé à la toute fin. On a joué un troisième match car il n’y avait pas de prolongation à l’époque. On fait 0-0, avec un arbitre qui a refusé aux Espagnols deux buts sur hors-jeu… je ne suis pas sûr que les deux étaient vraiment hors-jeu mais bon, on en a profité ! Et puis, il y a eu la fameuse pièce pour le tirage au sort.

Après on a joué contre Manchester United mais Farias, notre avant-centre, était blessé. On n’était que treize pros à l'époque et notre gardien Johnny Schuth était diminué à cause d’une blessure à l’épaule. On a pris 5-0 à la Meinau mais au retour, on fait 0-0. Manchester ne nous a pas fait de cadeau et le stade était archi-plein. C’est un match qu’on aurait pu gagner car on a eu quelques occasions, c’est dommage d’avoir complètement raté l’aller.

J’ai lu que l’une des raisons de la défaite 5-0 était la demande du défenseur Denis Devaux de jouer la défense en ligne car il ne voulait plus jouer décroché en position de libéro. Qu’est ce que vous en pensez ?

Il fait chier, Denis. Il était copain avec des Nantais qui jouaient la ligne et il fantasmait un peu là-dessus. Paul Frantz a dit qu’on avait perdu à cause de ça, parce qu’il avait cédé sur le poste de libéro, et il a dit qu’on a fait 0-0 au retour à Manchester grâce à lui et sa tactique. C’est un peu facile. Si on a pris 5-0 à l’aller, c’est parce que Johnny Schuth était blessé. Johnny nous avait sauvé des matchs, à Milan par exemple, mais là, Denis Law lui prenait les ballons aériens, il était trop diminué.

Il y avait Denis Law, George Best et Bobby Charlton à Manchester, trois Ballons d’or. Quel était le style de jeu de l’équipe, ce n’était quand même pas le classique kick and rush ?

A Manchester, il y avait de quoi faire pour bien jouer et les Anglais, quand ils dégageaient le ballon, il arrivait sur la poitrine d’un partenaire… donc le ballon n’était pas perdu ! C’est beaucoup mieux que de vouloir jouer technique si ensuite on ne sait pas quoi faire avec le ballon, on le dégage n’importe où et il est rendu à l'adversaire. 

Milan, Barcelone, Manchester, est-ce que c’était vraiment à chaque fois des styles de jeu différents ?

Les Italiens, c’était le catenaccio avec le style d'Helenio Herrera de l’Inter. Il était critiqué pour son style défensif mais au moins lui a tout gagné. Nous, en France, à l’époque, on n’avait rien gagné. D’ailleurs l’un des meilleurs buteurs était Facchetti, son arrière gauche, donc Herrera ne faisait pas que défendre. Pour moi, c’était une référence.

Pour revenir à Barcelone, le match aller s’était joué sous la neige à la Meinau. Est-ce que ces conditions vous ont facilité les choses ?

C’était à la limite du jouable mais au retour, à Barcelone, le terrain était très correct. Cette saison-là, en Coupe d’Europe, on a joué cinq matchs à l’extérieur : Milan AC, Bâle, deux fois à Barcelone et une fois à Manchester. Et seulement une défaite, c’est extraordinaire !

Cette saison on aurait pu être champions de France. A quelques matchs de la fin, on mène 1-0 contre Nantes. On était en tête du classement mais les Nantais ont égalisé à la fin du match : Raymond Stieber, même 50 ans plus tard, me disait toujours “Schilles, il y avait faute sur moi, Suaudeau m’a poussé dans le dos, le but n’était pas valable !”

A Barcelone, il y avait Sandor Kocsis, un Hongrois finaliste de la Coupe du monde 1954 contre l’Allemagne. Un jour, vous avez eu une discussion avec Sepp Herberger, le sélectionneur allemand, qui vous a raconté comment il avait battu tactiquement les invincibles Hongrois en finale. Que vous a-t-il vraiment dit ?

Il faut se rendre compte que neuf ans après la guerre, ils sont champions du monde avec des joueurs qui travaillaient à mi-temps. Il m'a surtout dit une chose que j'ai retenue : “Gilbert, quand tu seras entraîneur, il faudra toujours jouer, jouer, jouer”. Et c’est vrai que c’est à travers le jeu qu'on peut réussir. C’était un peu mon idole et je lui avais souhaité que ses Mémoires publiés en Allemagne aient le même succès que les Mémoires du Général de Gaulle en France, ça lui avait fait très plaisir.

Vous gagnez la coupe de France 1966 contre Nantes avec Paul Frantz comme entraîneur. Il avait la réputation d’être un entraîneur “béton” c’est-à-dire défensif et jouant la contre-attaque. Est ce que vous adhériez à cette philosophie ?

Paul Frantz, c’était d’abord mon entraîneur en équipe d’Alsace cadets. À l'époque, on jouait des matchs de pré-sélection pour le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. Dans le Bas-Rhin, on avait une très bonne équipe et, lors d’un match à Sélestat, alors qu’on menait 3-0 à la mi-temps, un dirigeant était entré dans le vestiaire et en hurlant : “mais qu’est-ce que c’est que ce football de grands-mères, il faut mettre le ballon devant !” Je l’ai mis dehors. 

Ensuite je suis devenu capitaine de l’équipe d’Alsace qui a été formée et on devait jouer un match contre le Nord. Au moment du dernier stage, un joueur haut-rhinois me dit “tu ne joueras pas car le dirigeant a demandé à Frantz de te sortir de l’équipe et il va le faire”. Lui avait jugé Frantz avant moi car il m’a vraiment sorti de l’équipe. Ils ont perdu 2-0.

Pour en revenir à l’opposition de style entre Nantes et Strasbourg, même dans la presse il y avait une polémique entre le jeu à la nantaise et le jeu plus physique des Strasbourgeois. Est-ce que ça vous a marqué ?

A l’époque, il y avait la guerre entre les partisans de la ligne, la défense en zone et le marquage individuel. On nous opposait à Nantes mais le jeu physique, ça veut dire quoi ? C’est vrai, on était présent physiquement mais on a gagné la coupe de France, on a failli être champions de France et on est allé en ¼ de finale de la Coupe d’Europe contre des équipes de très haut niveau. Ces deux saisons avec Paul Frantz, c’était vraiment une grande réussite sportive. Mais les journalistes doivent remplir des pages, ce n'est pas toujours évident.

Vous battez Nantes en finale mais ils ont joué une bonne partie de la rencontre à 10 après la blessure d’un joueur, puisqu’à l’époque on ne pouvait pas faire de remplacement. Est-ce qu’à 11 contre 11, le Racing aurait aussi gagné ?

On a gagné grâce à moi ! J’étais en duel avec Ramon Muller et je pars avec le ballon, il essaie de me suivre au sprint mais il se claque donc ils ont dû continuer à dix. Bien sûr il vaut mieux être à onze mais, même au complet, les Nantais n’étaient pas meilleurs que nous sur ce match. Et d’ailleurs si l’arbitre avait sifflé la faute de Suaudeau sur Stieber dont je parlais tout à l’heure, on aurait peut-être été champions de France en 1965 !

Dans cet article, le sélectionneur de l'Equipe de France Henri Guérin annonce qu’il a choisi le “football résultat” pour la Coupe du monde 1966 en Angleterre, c’est-à-dire le pragmatisme avant tout. 



Il parle de moi ? Non, c’est incroyable. J’étais sélectionné avec l'Équipe de France pour un match à Moscou et pendant le stage Guérin me dit de me préparer à jouer. Deux jours avant le match, il est venu me voir pour me dire que le bureau fédéral voulait que je me coupe les cheveux car “on n’emmène pas de Beatles en Angleterre”. C’est vraiment ce qu’il ne fallait pas me dire ! Mais j’en veux davantage au sélectionneur qu’à la Fédération, et je ne sais même pas si cette histoire est vraie. En tout cas, je ne suis pas allé chez le coiffeur et je n’ai pas joué à Moscou.

Et vous n’allez pas à la Coupe du monde…

Le sélectionneur a donné sa liste à la presse et pendant ce temps j’étais dans le train. Quand je suis arrivé à la gare de Strasbourg, ma femme m’a dit “j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle”. La mauvaise, j’avais compris, je n’étais pas sélectionné. La bonne, c’était que les dirigeants de Stuttgart m’attendaient dans un hôtel pour signer un contrat de trois ans. Ils voulaient me faire signer depuis qu’ils m’avaient vu pendant le match contre le Milan AC et ils se fichaient complètement que je sois sélectionné ou non.

L'Équipe de France était dirigée par trois personnes. Jasseron qui jouait avec un libéro, Domergue qui jouait la défense en ligne et Guérin qui ne jouait rien du tout. Trois entraîneurs et il n’y en a pas un qui joue dans le même système, c'était complètement débile. Gérard Hausser était à la Coupe du monde et il m’a dit ensuite qu’au troisième et dernier match, ce sont les joueurs Nantais qui avaient choisi eux-mêmes la tactique.

Deux ans plus tard, vous jouez un match particulier avec l'Équipe de France puisque c’était à la Meinau. C’est un mauvais souvenir avec la défaite contre la Norvège qui était composée de joueurs amateurs ?

J’ai appris ma sélection dans les journaux, je n’ai jamais eu de convocation officielle. Bien sûr, on ne doit pas perdre contre la Norvège mais la préparation du match n’était pas bonne. Nous sommes allés au Mont Saint-Odile pour faire une excursion et on a fini trempé sous la pluie. J’ai appris de ces erreurs qui m’ont servi plus tard.

Sur ce match, j’ai deux occasions où je dois marquer mais je n’ai pas été bon. Ce n’est pas dans le résumé sur internet ? Tant mieux ! J’ai dû sortir avant la fin à cause de crampes alors que ça ne m’arrive jamais. Le masseur n’était pas un professionnel et avant le match il m’avait mis un bandage serré beaucoup trop fort. Mais trois jours plus tard, j’ai joué avec Stuttgart sans problème et j’ai marqué. Le match contre la Norvège, c’était raté du début à la fin.

On passe à votre période à Stuttgart. Sur cette photo, vous marquez de la tête. Est-ce que vous étiez bon dans ce domaine ?



Pas vraiment mais j’ai quand même mis quelques buts de la tête. Ma principale qualité c’était de sentir le jeu collectif, l’équipe avant tout. Quand j’ai commencé ma carrière professionnelle j’avais mis cinq buts dans les premiers matchs et après j’ai changé ma conception pour me consacrer plus à la préparation des buts.

Quand je suis revenu au Racing en 1973, l’entraîneur était Nowotarski et il a fini par se faire virer. Domergue a pris sa place. Un jour, j’ai toqué à sa porte pour lui dire qu’on ira droit en D2 avec sa façon de jouer. Je lui dis qu’il faut jouer intelligemment en gardant le ballon, en construisant plutôt qu’en dégageant le ballon, en jouant avec des passes latérales et en retrait.

Le lendemain, dans les DNA, il y avait un article avec une citation de Domergue : ”Gress veut nous faire jouer un football de grand-papa”. Imaginez-vous que le match d'après, quand je suis arrivé sur le terrain à la Meinau, je me suis fait siffler dès que je touchais le ballon. Mais c’est avec ce football qu’on est devenu champions de France en 1979 !

Pour en revenir à la Bundesliga, par rapport au football que vous connaissiez en France, quel était le principal changement ?

Déjà l’environnement. Jusqu’à 80 000 personnes au stade alors qu’en France on était content quand il y avait 20 000 spectateurs. La télévision était très présente, alors que ça n’existait pas en France à ce moment-là. Dès le début, j’étais invité dans les émissions. Les Allemands, en tout cas dans les grandes équipes, avaient compris que le football c’était du jeu et de la lutte. En France, on trouvait qu’un petit pont était un geste technique mais, en Allemagne, Uwe Seeler marquait des buts de l’arrière de la nuque… ça, c’est de la technique ! Et puis, il y avait beaucoup de joueurs talentueux et intelligents.

Par contre, il y avait toujours une mise au vert la veille des matchs avec un repas à la carte et aucun effort sur la diététique. Moi, ça me rendait dingue. J’ai essayé de mettre un peu d’ordre mais je n’y suis pas vraiment arrivé !

Sur mes relations avec mes coéquipiers à Stuttgart, j’ai une autre anecdote. En avril 1968, Armand Zuchner, le secrétaire du Racing, m’a contacté : “Gilbert, on n’a pas payé les salaires, on va mettre la clé sous le paillasson si ça continue. Le président voudrait savoir si tu peux venir avec ton équipe jouer entre le 10 et le 15 mai, ça nous arrangerait pour les finances”. Mais moi, je n’étais qu’un joueur dans un vestiaire de 25 joueurs et on n’était pas tous amis !

J’en parle avec l’entraîneur, ça ne l'arrange pas par rapport au championnat, mais il me dit d’accord à condition que le président soit d’accord. Je vais voir le président, je lui dis “mon club de cœur va disparaître, on peut l’aider” et, après un long moment, il me dit d’accord à condition que les joueurs acceptent de ne pas avoir de prime de victoire sur ce match amical, alors qu’à l’époque elles étaient importantes. Je vais voir les joueurs, 24 en face de moi, mais j’ai tellement bien défendu ma demande qu’ils ont accepté à l’unanimité. Je n’en revenais pas !

On a fixé le match, j’avais tout organisé, le déplacement, le soutien d’Adidas, etc. Je n'ai rien demandé en retour, j’étais juste content d’aider le Racing. Mais quelques jours avant le match, Zuchner me rappelle pour me dire qu’il n’y aura personne au stade… c’était les évènements de Mai 68 ! On a dû reporter ! (Le match a finalement eu lieu en juin 1970, victoire 5-2 de Stuttgart.)

Est-ce que les joueurs allemands étaient mieux formés qu’en France ?

Non, au contraire. Les équipes de jeunes en Allemagne, à l’époque, gagnaient très peu de tournois. Je ne trouvais pas que la formation allemande était très bonne mais c’était dans leur culture de lutter pour gagner alors que chez nous, on se contentait d’essayer de bien jouer.

Je pense que cette photo va vous rappeler un bon souvenir même si c’est un match particulier. Vous gagnez 6-3 avec l’OM contre le Racing et vous devenez champion de France en 1971.



Avant ce dernier match de la saison, il nous manquait un point pour être champion et il manquait un point à Strasbourg pour se maintenir. Quelque temps avant le match, j’avais discuté avec Edmond Haan qui me disait que les dirigeants du Racing étaient confiants, non seulement pour le nul mais surtout pour venir gagner au Vélodrome. Edmond me disait “ils ne se rendent pas compte”. 

On menait déjà 5-1 à la mi-temps. Cela faisait six mois que j’étais là, l’OM n'avait pas été champion depuis 1948, l’ambiance au stade était extraordinaire, on ne pouvait pas ne pas gagner, c’était impossible !

On avait un groupe super. On parle toujours de Skoblar et Magnusson mais les autres savaient aussi jouer au football. Le président Marcel Leclerc tenait à ce qu’il y ait une bonne ambiance et il a réussi.

Un point suffisait mais il y avait aussi le duel entre votre coéquipier Josip Skoblar et le Stéphanois Salif Keita pour finir meilleur buteur de la saison. Est-ce que Skoblar vous a dit avant le match qu’il devait absolument marquer ?

Non, ce n’était pas du tout le caractère de Josip même s’il avait sans doute envie de finir meilleur buteur. Trois ans plus tard, quand je suis revenu au Racing, on est venu jouer au Vélodrome et au moment de rentrer sur le terrain, on a vu qu’il n’y avait que neuf Marseillais. Tout d’un coup, un triomphe pour Paulo César, le Brésilien champion du monde, et Josip Skoblar : ils sont entrés sur le terrain après tout le monde. En voyant ça, je me suis dit, mon pauvre Josip on a dû te forcer car ce n’est pas dans ta nature. D’ailleurs, on fait 1-1 mais on aurait dû gagner.

L’OM avait aussi recruté Jairzinho, un autre champion du monde brésilien. Des années plus tard, quand j’étais sélectionneur de la Suisse, à la fin d’un match que j’étais allé voir, le gars qui organisait les taxis me demande si je suis d’accord pour qu’un autre client monte dans le même taxi pour retourner à l’hôtel. Je dis oui, on discute dans la voiture et tout d’un coup on se rend compte qu’on a joué l’un contre l’autre… c’était Jairzinho. Et on a aussi joué une fois ensemble, toujours au sujet de Skoblar, puisque c’était à son jubilé en 1974.

Quel est le joueur le plus fort avec lequel vous avez joué ?

C’est difficile à dire mais je dirais Willi Entenmann. Il n’est pas vraiment connu ! Il jouait à Stuttgart mais il manquait un peu d’ambition. Il pouvait jouer à tous les postes. Un jour, on jouait contre Mönchengladbach, qui avait une très bonne équipe. Willy était positionné milieu défensif avec en face de lui Günter Netzer, le meneur de jeu de la Mannschaft. Willy a mis trois buts. On menait 4-2 mais il s’est blessé et on a fini à 4-4. Malheureusement, il était trop souvent blessé.

Voici le dernier document. Est-ce que vous vous rappelez de ce match avec le Racing contre le Brésil juste avant la Coupe du monde 1974 ?



J’ai joué une fois contre Santos avec Pelé et une fois contre la sélection du Brésil, je n’ai jamais perdu. Sur ce match, c’est Roland Wagner qui a marqué pour Strasbourg et quand le Brésil a égalisé, 50 journalistes brésiliens sont venus sur le terrain, la télévision brésilienne est venue sur le terrain, on n’avait jamais vu ça. Mais en faisant 1-1 contre un club bordélique comme le Racing de l’époque, même si on avait une équipe correcte, je savais que le Brésil n’allait pas faire une grande Coupe du monde. Par rapport à leur équipe de 1970, il ne restait que Rivelino comme très grand joueur.

Ce jour-là, il y avait aussi le jubilé de Philippe Piat, qui avait joué au Racing. Il nous avait invités moi et Gérard Hausser à Dijon mais l’entraîneur Robert Domergue a refusé qu’au moins lui ou moi puisse aller au jubilé. Il disait qu’il avait besoin de nous deux pour jouer contre le Brésil. Et finalement, il me met sur le banc de touche ! Je suis allé voir le président pour lui demander si on ne me prenait pas pour un con. Le président a finalement dit à Domergue de me mettre titulaire. C’est pour vous dire le bordel de l’époque.

L’année suivante, vous allez à Neuchâtel. C’est un choix étonnant d’aller dans une équipe semi-professionnelle, vous ne vouliez plus jouer au plus haut niveau ?

Je devais prolonger de deux ans mon contrat à Strasbourg mais des dirigeants comme Alain Léopold et René Maechler voulaient que je joue un certain nombre de matchs pour valider la deuxième année. A ce moment-là, on était déjà tard, tous les clubs étaient déjà presque complets, j’étais démuni. Je vais voir mon copain président de Vauban Yvon Hils, qui appelle à Bâle un des rares agents de l’époque.

Suite à ça, j’avais d’un côté le Racing pour prolonger au moins un an de plus, mais je ne pouvais pas signer le contrat parce que Jean-Michel Colin, le secrétaire, devait me l’envoyer. D’un autre côté, j’avais un contact avec les Stuttgarter Kickers, qui voulait faire un pied de nez à l’autre club de Stuttgart où j’avais joué. Le président était boucher et il avait dit à ma femme : “viande gratuite toute l’année !” mais il n’avait pas les moyens de me recruter.

Ensuite j’ai rencontré le président de Neuchâtel, Gilbert Facchinetti. Sa femme était d’Ulm, à côté de Stuttgart, et elle lui avait dit de me recruter tout de suite ! D’expérience, je sais que c’est important que la femme du président soit de votre côté, sinon ça se complique. J’ai vu ça plus tard avec la femme d’André Bord au Racing.

Bref, j’ai discuté avec Facchinetti du contrat et on s’est serré la main. Puis, il m’a dit qu’il cherchait aussi un entraîneur et il m’a proposé le poste. Je dis oui, mais qu’il faut doubler le salaire ! Il m’a dit “rien du tout !” Et ça s’est fait comme ça avec Neuchâtel Xamax.

Mais vous étiez toujours joueur ?

Oui, j’ai presque joué tous les matchs. Lors de la dernière rencontre de la première saison, on doit gagner 3-0 contre le dernier, Lugano, pour jouer la Coupe d'Europe. Mais un agent nous a proposé un match amical contre le Milan AC quelques jours avant, en sachant que mes gars travaillaient aussi à mi-temps. Le président Facchinetti, qui était italien d’origine, avait très envie d’organiser ce match. Vous vous rendez compte, le grand Milan à Neuchâtel ! Alors j’ai dit oui. On a perdu 3-2 mais on a tout donné, on aurait mérité de gagner. Ensuite, contre Lugano, on a perdu 1-0 et c’était foutu pour l’Europe.

Si vous pouviez changer quelque chose dans votre carrière de joueur avec une baguette magique, ce serait quoi ?

J’irais au Bayern Munich. Saison 68-69, Robert Schwan, plus grand manager du monde, m’a dit de ne pas resigner à Stuttgart et d’attendre qu’il revienne vers moi pour discuter de ma venue au Bayern. Quelques mois plus tard, on accueille Munich : ils étaient premiers, nous deuxièmes, match au sommet. Schwan m'a appelé avant le match pour me dire que Franz Beckenbauer me donnerait un papier à la mi-temps avec l’adresse où on pourra discuter le lendemain. Mais je lui dis, “c’est pas possible, il y aura 80000 personnes et toutes les caméras !” 

Finalement, il m’a donné rendez-vous sur une route, on est monté à quatre dans la voiture : Schwan, l’entraîneur du Bayern Branko Zebec, ma femme et moi. On est parti dans un coin discret après avoir traversé des champs et une forêt, tout au bout d’une route. On s’est mis d’accord sur le contrat, je n’avais plus qu’à signer mais j’ai pris quelques jours de réflexion.

Rapidement, tout le monde a été au courant. Hans Blickensdörfer, un célèbre journaliste à Stuttgart a écrit dans un article “Lieber Gilbert, avant que tu viennes chez nous, tu n’étais rien, on t’a fait grand et maintenant tu veux nous laisser”. Finalement je suis resté à Stuttgart alors que le club n’avait même pas l’ambition de rivaliser avec le Bayern.

Comme entraîneur, j’aurais pu signer au PSG. J’ai discuté plusieurs fois avec le président de l’époque, Francis Borelli. Un jour, on était installé sur la terrasse d’un restaurant à Genève, il faisait beau, on regardait les cygnes sur le lac Léman. Finalement, il me dit : “M. Gress, je vous comprends, vous n’avez pas envie de quitter ce beau pays”. C’est vrai que j’étais super bien à Neuchâtel et avec des grands résultats, notamment en Coupe d’Europe : invaincu à domicile contre le Real, le Bayern, etc.

Aujourd’hui, vous regardez encore les matchs, par exemple la Coupe du monde l’été dernier ?

Je n’ai jamais été aussi peu concerné que cette année. Quand je vois la mi-temps de la finale avec une demi-heure de pause et Ronaldo qui fait le guignol, c’est incroyable. Et Infantino, le président de la FIFA, qui fait enlever le carton jaune d’un joueur américain... 

Infantino, je l’ai souvent croisé car il a travaillé à Neuchâtel, il était toujours avec mon président Facchinetti. C’est au Xamax qu’Infantino a commencé dans le monde du football. Mais attention, Gilbert Facchinetti, c’était un honnête homme et vraiment un brave type.

Le Racing a 120 ans cette année. Est-ce que vous souhaitez un bon anniversaire à l’institution ?

J’ai reçu une invitation du club pour cet anniversaire. C’est écrit en français et en anglais. J’aurais compris qu’ils écrivent en alsacien mais en anglais ? C’est vraiment tout pour me plaire.

Quand je pense à la façon dont j’ai été traité lors de mon dernier passage comme entraîneur, avec des joueurs qui n'ont jamais rien gagné mais qui ne comprenaient pas pourquoi ils devaient courir à l'entraînement. Et les dirigeants faux-culs et qui ont peur que je leur fasse de l’ombre... Avant ça, dans ma carrière, j’ai très souvent travaillé avec des grands joueurs et des grands dirigeants : c’est comme passer du foie gras et du caviar à du schmerwurst.

Pour parler du jeu pratiqué, avec la volonté de sortir le ballon proprement, de construire… c’est un style qui pourrait vous plaire ?

J’ai lu dans la presse allemande, il y a quelques mois, cette histoire du joueur prêté par Chelsea à Dortmund et qui a pleuré parce qu’il a été forcé de quitter l’Allemagne pour venir à Strasbourg. Alors tant mieux s’ils jouent bien, mais ce qui ne me plait pas, c’est la gestion de l’effectif avec ces départs et ces arrivées sans arrêt. Et investir autant d’argent pour finir huitième du championnat de France, ce n’est pas une réussite. 

Ce n’est pas seulement au Racing que ça arrive, mais à Strasbourg c’est vraiment poussé à l’extrême. Même à Neuchâtel Xamax aujourd’hui, je ne sais pas s’il reste encore des Suisses dans l’effectif.

J'arrive au bout de mes questions. Alors, est-ce qu'il en a eu des originales ?

Disons que j'en avais anticipé pas mal !


Procurez-vous le magazine ZUT, 204 pages de culture Racing ! Ce nouvel hors-série donne la parole aux supporters, aux acteurs du club, à d'anciens joueurs, à des artistes, illustrateurs et photographes, sans réduire le Racing à ses seuls problèmes de gouvernance, tout en interrogeant son avenir et en savourant l’instant présent. J'ai eu l'occasion d’y rédiger bénévolement des articles et en particulier un portrait du supporter Kurt Bossert, l’ami de Gilbert Gress, qui a fait un tour de France en fauteuil roulant. “Racing : Une vie en bleu” est notamment en vente en ligne.


Merci d'avoir lu cette newsletter consacrée au 2e thème de l'histoire du Racing : Les hommes au cœur de l'action. Si elle t’a plu, transfère-la à tes amis supporters du club et à bientôt pour d’autres souvenirs !

Sources photos : DNA, La Provence, Le Miroir des Sports, Football Magazine, magazine Barça, Gress : le livre de ma jungle, La grande époque du football alsacien.

Sur le fil du Racing

Par Philippe Wolff

Je suis supporter du Racing club de Strasbourg. Auteur du livre “Racing 100 ans à la Meinau” (2014, éditions DNA) et fournisseur de contenus pour le parcours muséal du club. Responsable éditorial du site racingstub pendant une dizaine d’années. Ancien membre et président de la Fédération des supporters du RCS (2010-2024) : représentation de plusieurs milliers de supporters pour un football populaire (faisant l’effort de tenir compte de tous les publics pour être efficace dans les revendications), valorisation de la culture club (pour ne jamais réduire le Racing à des problèmes de gouvernance), animation d’un lieu de vie ouvert à tous et organisation de déplacements pour encourager l’équipe à l’extérieur. Toujours bénévole.

Allez Racing !

Les derniers articles publiés

Il y a 10 ans, de retour dans le monde pro, le RCS frappe fort à Sochaux

par Philippe Wolff   ⋅   29/10/2026 1 min

Le 29 octobre 2016, malgré un effectif décimé, l’équipe de Thierry Laurey réalise une belle opération dans le Doubs en s’imposant 2-1 face à Sochaux, qui n’avait pas encore perdu à domicile de la saison.

M. Foote et les Berrichons contre les Bleus

par Philippe Wolff   ⋅   15/10/2026 3 min

Il y a de la tension dans l’air en octobre 1976 : la France rêve de se qualifier enfin pour une Coupe du Monde mais frôle la catastrophe en Bulgarie, tandis que Strasbourg espère retrouver la 1ère division mais perd ses supporters, peu nombreux au stade et révoltés après une défaite contre Châteauroux.

Été 2011 : la première pierre du renouveau

par Philippe Wolff   ⋅   03/09/2026 2 min

À l'été 2011, le Racing est relégué dans les profondeurs du football amateur. De Forbach à la Meinau, les supporters et les jeunes joueurs du club écrivent les premières lignes d'une reconstruction qui va bien au-delà du terrain.

Raymond Kaelbel, le Strasbourgeois héros de la Coupe du monde 1958

par Philippe Wolff   ⋅   28/06/2026 1 min

Pilier de la défense de l’équipe de France, le joueur du Racing est l'un des artisans de la première épopée française en Coupe du monde. En Suède, le 28 juin 1958, il contribue à l'inattendue troisième place des Bleus.

RCS - Bordeaux 1976 : 1 637 spectateurs seulement pour un match de D1 à la Meinau

par Philippe Wolff   ⋅   19/06/2026 1 min

Le 19 juin 1976, le Racing conclut sa saison par une défaite face à Bordeaux. Ce dernier match entérine la relégation du club en 2e division, devant à peine 1 637 spectateurs ! Sans enjeu sportif, la partie se déroule dans une atmosphère de résignation entre deux équipes déjà en vacances.

Belfort 2016 : le retour du Racing dans le monde professionnel

par Philippe Wolff   ⋅   27/05/2026 1 min

Il y a 10 ans, le 27 mai 2016, le Racing prenait le point nécessaire à Belfort pour assurer son retour en L2, cinq ans après le dépôt de bilan. Retour en photos sur cette fin de saison inoubliable.

Mai 1966 : l’incroyable voyage de Kurt Bossert en fauteuil roulant jusqu’à Paris

par Philippe Wolff   ⋅   22/05/2026 2 min

Le 22 mai 1966, il y a 60 ans, le Racing bat Nantes en finale de la Coupe de France. Au bord de la pelouse du Parc des Princes, un supporter particulier exulte. Il a effectué la distance Strasbourg-Paris en tricycle adapté pour encourager les Bleus !

La Meinau va vivre sa deuxième demi-finale européenne

par Philippe Wolff   ⋅   02/05/2026 1 min

Le Racing va disputer sa première demi-finale européenne à domicile ce jeudi contre le Rayo Vallecano. Mais le stade de le Meinau a déjà connu un tel évènement. C'était en 1970.

La première nuit madrilène de la Meinau

par Philippe Wolff   ⋅   24/04/2026 1 min

Le Racing va affronter le Rayo Vallecano, un club madrilène, en demi-finale d'une Coupe d'Europe. Avant cela, replongeons dans une histoire oubliée : la soirée où la Meinau a accueilli l'un des clubs les plus prestigieux du monde, le Real Madrid.