Le 19 juin 1976, le Racing conclut sa saison par une défaite face à Bordeaux. Ce dernier match entérine la relégation du club en 2e division, devant à peine 1 637 spectateurs ! Sans enjeu sportif, la partie se déroule dans une atmosphère de résignation entre deux équipes déjà en vacances.
Les objectifs de la saison étaient d'assurer le maintien et de faire progresser les jeunes. Si le premier est un échec, le second constitue une réussite encourageante. Malgré les absences régulières d’Albert Gemmrich et Yves Ehrlacher, retenus par leur service militaire, ainsi que la blessure de Roland Wagner, plusieurs jeunes se sont affirmés : Gemmrich termine meilleur buteur, Jean-Jacques Marx (au centre de la photo) se révèle et Léonard Specht (à droite) confirme son talent.
La relégation trouve son origine au-delà du terrain car le club est miné par les divisions internes entre le directeur sportif Robert Domergue, réputé pour son intransigeance, et l'entraîneur Hennie Hollink. Ce dernier reproche à la direction un recrutement insuffisant et réclame des joueurs expérimentés, mais les difficultés financières empêchent toute ambition sur le marché des transferts.
A l’été 1975, six pros ont quitté le club et seuls deux pros sont recrutés. Le pari sur Gérard Tonnel au poste d’avant-centre se révèle rapidement un échec. Dans le même temps, le départ de Gilbert Gress vers Neuchâtel laisse un vide considérable au milieu de terrain. Le Racing se retrouve avec un effectif déséquilibré, manquant de créativité et d'efficacité offensive.
Domergue est le premier à en faire les frais et fait office de bouc émissaire dès décembre 1975. Quelques semaines plus tard, en janvier, Hollink quitte lui aussi le club. La crise sportive entraîne l’arrivée d’un nouveau président, Alain Léopold. Il rappelle Paul Frantz sur le banc de touche, qui avait accepté dans un premier temps le rôle bancal d'assistant de Hollink. Son retour intervient toutefois trop tard pour sauver la place du club en première division.
La désaffection du public aggrave la situation financière. Peu à peu les tribunes de la Meinau se vident - avec une moyenne de 6 984 spectateurs sur la saison - et ce dernier match face à Bordeaux n'attire que 1 637 personnes, pour une recette de 24 916 francs (moins de 20 000 € actuels). Or, à une époque où les droits télévisés n'existent pas, un club ne peut vivre sans une moyenne d'environ 15 000 spectateurs. A la fin du mois de mai, les caisses sont vides : le club ne parvient même plus à verser les salaires des joueurs dans les délais.
La saison se termine dans un dépit généralisé et l'inquiétude pour l'avenir du club. Avec le Racing, l'AS Monaco est également relégué en deuxième division : ces deux clubs seront pourtant tour à tour champions de France avant la fin de la décennie (l'ASM en 1978, le Racing en 1979). Le football est toujours plein de surprises !
Merci d’avoir lu cette newsletter consacrée au 4e thème de l’histoire du Racing : Les vibrations du stade de la Meinau. Si elle t’a plu, transfère-là à tes amis supporters du club et à bientôt pour d’autres souvenirs !
Sources photos : DNA, Christophe avec l’aide de Fred K.