Pilier de la défense de l’équipe de France, le joueur du Racing est l'un des artisans de la première épopée française en Coupe du monde. En Suède, le 28 juin 1958, il contribue à l'inattendue troisième place des Bleus.
La première grande épopée de l’équipe de France de football remonte à la Coupe du monde 1958, en Suède, le pays que les Bleus affronteront mardi prochain aux Etats-Unis. Le défenseur strasbourgeois Raymond Kaelbel était de l’aventure, tout comme François Remetter. Si le gardien alsacien a cédé sa place après le premier match, Kaelbel est un titulaire indiscutable, après avoir déjà disputé la Coupe du monde 1954. Il comptera 35 sélections en tout, dont 26 consécutives, faisant de lui le plus capé des Alsaciens.
Titulaire lors des matchs de poule face au Paraguay (7-3), la Yougoslavie (2-3) et l'Ecosse (2-1, Kaelbel en photo ci-dessous), le Colmarien est également du quart de finale contre l'Irlande du Nord (4-0) puis de la légendaire demi-finale face au Brésil du dribbleur Garrincha et du très jeune Pelé, qui se révèle à 17 ans et 8 mois. La France s’incline 5-2, sans avoir démérité mais en étant trop diminuée après la blessure du défenseur Robert Jonquet (à l’époque, aucun changement n’était possible en cours de match).
Très athlétique et combatif - pour ne pas dire très dur sur l’homme -, excellent de la tête, très bon tacleur (son tacle glissé fait sa réputation), les qualités de Kaelbel ont sans doute été utiles lors du match face à la RFA pour la troisième place, à Goteborg, devant 32 000 spectateurs. Un rang inespéré avant la compétition, mais c’est bien la France qui monte sur le podium en battant le champion du monde en titre sur le score de 6-3, dont un quadruplé de Just Fontaine. Ce dernier se rappelle qu’après la rencontre, « une sorte de kermesse était organisée. Les Suédois nous ont fait monter sur l'estrade pour que l'on chante La Marseillaise. Mais comme nous ne connaissions pas bien les paroles, on a chanté Les Couilles de mon grand-père. Les Suédois n'y ont vu que du feu ».
Outre ce parcours en équipe de France, Kaelbel dispute près de cinq cents matchs de championnat, avec le Racing, Monaco (coupe de France 1960 et champion 1961), Le Havre et Reims. A son retour à Strasbourg en 1964, de nombreux observateurs lui prédisent une fin de carrière difficile. Pourtant, à 32 ans, il va encore vivre cinq belles saisons avec notamment le gain de la coupe de France 1966. Après sa carrière, il connaît un parcours remarquable comme entraîneur dans le monde amateur en particulier chez les Pierrots Vauban, avec des titres de champion de D3 en 1981 et 1982. Il est resté proche du Racing jusqu’à son décès en 2007.
En bonus : un résumé du match France - RFA 6-3
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Sources photos : DNA, L’Equipe. Citation de Just Fontaine dans « Le Monde ».